STRATES explore ce qui, au fil du temps, se dépose entre soi et soi-même.

La série se construit autour de deux gestes antagonistes : recouvrir et creuser.

Dans les œuvres de papier, la lumière précède la matière. Sur un fond d’or viennent se déposer, couche après couche, des fragments déchirés. La surface se constitue par accumulation, jusqu’à presque ensevelir ce qui était pourtant présent dès l’origine.

Dans la pierre, le mouvement s’inverse. La matière n’est plus ajoutée mais soustraite. Creuser devient un geste de dévoilement : traverser l’épaisseur, strate après strate, jusqu’à atteindre une profondeur où l’or affleure.

Deux processus inverses traversés par une même recherche.

L’un procède par recouvrement, l’autre par excavation. Entre les deux se dessine une réflexion sur l’intériorité : ce qui se dépose, ce qui demeure enfoui, ce que l’on choisit de traverser pour accéder à une strate plus profonde de soi.

Dans STRATES, l’or n’est pas l’aboutissement d’une transformation.

Il préexiste au geste.

La lumière n’est donc ni conquise ni produite : elle est révélée.

La série déplace ainsi la question de l’identité. Non plus ce que nous devenons à force d’accumulation, mais ce qui pourrait subsister sous les couches successives qui nous constituent.

STRATES se situe dans cet intervalle : entre enfouissement et révélation, construction et excavation, surface et profondeur.

À l’endroit incertain où retirer de la matière ne signifie plus détruire, mais rendre visible ce qui était déjà là.

STRATES I

STRATES II